Et si je n'étais qu'une simple répétition, un fait déjà produit dans sa vie ? Un rien nouveau, ni de magique ni d'inconnu. Plus aucune exceptionnalité. Les mois passent et chaque fois je crois que ça ne pourra être mieux. Chaque fois je me dis que j'ai eu tort, et je ne cesse de m'en rapprocher, devenant mon essentiel, mon moi en lui. L'impression de perdre mon temps lorsqu'il n'est pas présent. Manque d'une partie de sois. Si bien intégrée, toujours ensemble. C'est alors que j'ai des difficultés à imaginer comment je faisais avant. Un attachement toujours plus fort, après des désaccords plus ou moins tenaces, et persistants. Un confident, un proche comme personne, une aide, une personne qui partagerait avec toi, comme si c'était sa vraie moitié... Cette personne qui se transforme en ennemi bien plus redoutable que tout autre quand cela ne va pas, car on ne peut pas se contenter de le détester. On doit le détester mal grès nous alors qu'on l'aime. Obligation rude et destructrice des plus tenaces. Notre esprit se trouve rongé, n'ayant de pensée que pour cette même personne, cherchant tous les moyens pour résoudre, ou pour enfin réussir un jour à s'en passer. Persuadé. Déterminé. Cette fois c'est fini, je l'oublierais. Il en a trop fait. On s'enferme, on croit être heureux en se privant tout seul de sa présence, qu'on espèrerais tant. Pas de nouvelles. Et on craque. Impossible, le moindre signe de sa part, et on fond en larme dans ses bras, n'attendant au fond de nous que ce moment là.
On ressent les besoins de tout connaître autour de lui. Combler cet être à la perfection. S'ajouter, s'initier, peu importe, mais être là, son ombre, sa respiration. La seule, l'unique. Mais on doute, on ne peut s'en empêcher, pourtant tout va parfaitement dans la vie réelle. Mais une chose seulement. Une chose, qui fait que tout balance et renverse l'esprit, en une fraction de secondes, une chose inconnue, immaîtrisable. Voilà, c'est sûrement cela. Ce que l'on ne maîtrise pas nous fait peur, c'est pourquoi on voudrait tout savoir. Mais ce n'est malheureusement pas le cas. Ou peut-être es-ce le mystère qui nous rattache a lui, ce lien indescriptible dont on craint qu'il se brise un jour. Des chansons tristes, des larmes, des pensées qui s'évadent. Ce désir si intense, qui nous trotte, et sur lequel on tente d'en savoir un peu plus chaque fois. Mais cela attisant tant notre curiosité, presque envahissante, le cercle se referme et il deviens alors plus difficile encore d'en savoir. Et peut-être on devient parano, se disant bien qu'on touche au sujet sensible, et « qu'on avais raison ». On aimerait s'auto satisfaire n'ayant que notre confiance à partager. Ce serait tellement plus simple. Tellement plus triste, peut-être. Tellement plus heureux et malheureux à la fois. C'est difficile à dire.